samedi 13 juin 2009
Nuage

lundi 8 juin 2009
Faits divers et réactions
La liberté d'expression, en ce pays, est un droit sacré entre tous. Malheureusement, comme tous les droits, en user à outrance et n'importe comment conduit le plus souvent à un dialogue de sourds, voire à une absence totale de dialogue, ce qui est un comble. Les forums sans modération sérieuse ou les commentaires postés sur les sites des grands journaux nationaux (ou autres) en sont le triste exemple. Chacun y va de son petit refrain, voire de ses insultes, et l'ensemble est parfaitement imbuvable, d'autant plus qu'exprimé, pour une certaine partie, dans un français incompréhensible (pas de ponctuation, une orthographe inexistante, voire du langage SMS...). Sans parler des théories fumeuses en tout genre.
Exemple : le crash récent de l'Airbus A330 d'Air France en plein milieu de l'Atlantique. Non, ma bonne dame, ce n'est pas possible que ça arrive comme ça, "on ne nous dit rien, on nous cache tout". Comme s'il était absolument impossible que les entreprises humaines soient mises à mal par des défaillances techniques, des erreurs humaines ou par la nature elle-même. C'est forcément un attentat (de qui ? tiens, allons casser la gueule aux Iraniens, ça occupera les esprits et ça relancera l'économie !) ou un missile américain (dans quel but ? sont forts, ces Américains, quand même, pour dégommer depuis les US un Airbus égaré en plein milieu d'une énorme dépression tropicale !).
Pendant trois jours, je me suis amusée à guetter, dans cette cohorte d'hypothèses fantaisistes, l'apparition des OVNIS. C'est désormais chose accomplie depuis vendredi. Parmi les théories les plus loufoques, encore : une météorite (bing ! juste au moment où l'avion passait, c'est pas de bol, quand même !), l'avion non pas crashé en plein océan mais prisonnier de la magnétosphère (les vents d'un énorme cumulo-nimbus sont extrêmement violents, mais tout de même...) ou, pire encore, le Triangle des Bermudes (qui, on ne sait pourquoi, se situe désormais entre le Brésil et le Cap Vert, c'est nouveau, ça vient de sortir). Donc, pour parler vulgairement, les tréfonds de la connerie humaine (des gens qui n'y connaissent strictement rien ni en aéronautique, ni en météorologie et encore moins en géographie, mais qui ont tout de même une opinion bien arrêtée sur ces domaines). Le mieux à faire est de les ignorer, évidemment, mais les jours passant, ça finit par énerver sérieusement.
Alors l'attentat ? Possible, mais très peu probable. Outre l'absence de revendication, une bombe a le désastreux effet de foutre le feu aux réserves de kérosène et, par conséquent, de consumer un maximum de choses. Or, les débris retrouvés ne portent pas la moindre trace d'incendie et il y a des nappes de kérosène à la surface de l'océan (ces taches oranges, très caractéristiques de certains hydrocarbures, que certains naïfs ont prises pour des taches de sang). Si le kérosène flotte ainsi, c'est qu'il n'a pas brûlé.
Un missile égaré ? Encore plus improbable. Pour les mêmes raisons, d'ailleurs. Et puis, je ne vois pas un essai de missile dans une tempête tropicale.
Restent la série des messages automatiques. J'ai trouvé ce matin un exposé des faits bruts, assortis des explications techniques qui s'imposaient pour les néophytes.
2h00 GMT : le commandant de bord indique qu'il entre dans le Pot au Noir où il y a de fortes turbulences. Jusque là, tout va bien, sinon qu'il va affronter des conditions météo difficiles.
2h10 GMPT : l'avion passe en pilotage manuel. Il s'avère après coup que les capteurs de vitesse ont eu un problème (défaillance ? gel ?) et donnaient des mesures incohérentes. Lorsque c'est le cas, le pilotage automatique fonctionne mal et risque de mettre le vol en danger. Par conséquent, le pilote passe en pilotage manuel pour maintenir son appareil. Rien de dramatique en soi sauf que simultanément, d'autres messages automatiques annoncent une anomalie des commandes de vol, puis une panne des systèmes chargés de la stabilité de l'appareil. Les écrans de contrôle du commandant et de son copilote tombent deux fois en panne coup sur coup. Le contrôle de la poussée des réacteurs ne fonctionne plus non plus. Les pilotes doivent contrôler manuellement la puissance des moteurs. A ce moment-là, ça sent déjà le roussi et les pilotes doivent sérieusement transpirer. Néanmoins, même si elle est difficile, la situation resterait gérable si les conditions météo n'étaient pas aussi désastreuses et... s'il ne faisait pas nuit ! Peut-être même auraient-il malgré tout réussi à s'en sortir si d'autres dysfonctionnements ne s'étaient pas produits.
2h11 GMT : deux systèmes crucieux de l'appareil ne répondent plus : celui qui permet de déterminer la position et la vitesse de l'avion, l'autre qui indique l'altitude, l'assiette et l'inclinaison de l'appareil. En plein jour, le pilote pourrait naviguer "à vue". En pleine nuit et dans les nuages, la situation devient critique.
2h14 GMT : "cabine en vitesse verticale" : la cabine a subi une dépressurisation brutale. Dans de cas-là, les pilotes doivent atterrir au plus vite. Par "cabine", il faut comprendre cockpit. Une dépressurisation à 11 000 mètres d'altitude (altitude où volent les avions de ligne) plonge n'importe quel être humain dans un coma immédiat : très peu d'oxygène et froid intense (- 50°C environ). On peut comprendre, dans ces conditions, que les pilotes n'aient pu faire atterrir leur oiseau... d'autant qu'ils se trouaient à 1000 km des côtes...
Alors qu'est-il arrivé aux capteurs de vitesse ? Ont-ils gelé ? Sont-ils tombés en panne ? Ont-ils été touchés et endommagés par un ou plusieurs coups de foudre ? C'est ce qui reste à déterminer. En tout état de cause, si une panne des capteurs (les fameux capteurs PITOT) se produit au moment où l'avion traverse une zone très humide, très dépressionnante et très turbulente, ils n'indiquent plus la vitesse exacte et dans ce cas, l'appareil est soit réduit à une sous-vitesse qui peut entraîner un décrochage, soit poussé à une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l'avion. Par ailleurs, il faut savoir que les cumulo-nimbus, ces énormes nuages, peuvent atteindre 10 à 15 kilomètres de hauteur et sont, non seulement traversés, mais aussi précédés de vents violents et contraires qui peuvent "cisailler" un appareil comme une vulgaire coquille de noix. Normalement, un avion de ligne est capable de se mesurer à ces vents terribles, mais en pleine nuit, avec une série de panne, la vulnérabilité est là. Rappelons au passage que les débris récupérés par l'armée brésilienne se trouvaient à 30 km du point où le contact avec l'Airbus avait été perdu, ce qui indiquerait qu'effectivement, les vents ont déporté l'avion... à moins que les courants marins n'aient déplacé les débris.
Enfin, un avion reliant Rio à Madrid a décollé sept minutes après l'Airbus d'Air France, en suivant le même couloir aérien. Le pilote a perdu le contact avec son prédécesseur au même moment que les tours de contrôle de Rio et de Paris. Et lui a effectué un crochet de 56 km pour contourner la zone la plus active de la dépression du "Pot au Noir".
Conclusion : les circonstances exactes de l'accident restent floues mais les différents éléments recueillis semblent indiquer une succession de pannes techniques qui, liées à une météo exécrables, ont provoqué ce drame. En tout état de cause, la tragédie s'est produite en quatre minutes. Il est probable que les passagers ne se soient rendus compte de rien. En revanche, l'équipage et, en particulier, les pilotes ont dû vivre des moments très difficiles.
Note personnelle : parmi les passagers se trouvaient dix employés de la CGED, dont neuf accompagnés de leurs épouses, tous âgés de 20 à 35 ans, qui avaient gagné ce voyage en raison de leurs bons résultats de vente. La CGED, qui est une entreprise d'équipements électriques, est l'un des fournisseurs de mon père. Parmi ces gens, il y avait apparemment des membres de l'agence de Blois. Ces gens, tous assez jeunes, laissent des enfants très jeunes. Il y a deux ans, en raison de ses bons chiffres de vente de chaudières, mon père a gagné le même type de voyage par l'intermédiaire d'un autre fournisseur, à l'Ile Maurice où il est allé avec ma mère. Eh bien, ce genre de faits divers, ça fait cogiter... même si les accidents d'avion sont rares.
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Commentaire éclairé d'un internaute sur le site du Figaro :
Accident DC9 du 10/10/97 dû au givrage tube(s) Pitot
D'après l'enquête menée par la Fuerza Aérea Argentina et la Fuerza Aérea Uruguaya (es), le tube de Pitot (principal instrument permettant la mesure de la vitesse de l'appareil) a été pris dans le givre alors que l'avion traversait un nuage, bloquant l'instrument et donnant une fausse indication de vitesse (plus faible que la vitesse réelle de l'appareil). Pour aggraver la situation, l'alarme destinée à rapporter un problème de l'instrument ne s'est pas déclenchée. Pensant que l'appareil volait à une vitesse dangereusement faible, les pilotes ont augmenté la puissance des réacteurs. Cela entraina le dépassement de la vitesse maximale en croisière, et en particulier le dépassement de la vitesse maximale permettant le déploiement des volets hypersustentateurs. La force du flux d'air à cette vitesse endommagea les volets, entrainant l'impossibilité de contrôler l'avion, qui plongea du nez. Pendant la descente, la boite noire enregistra un passage de 300 à 800 km/h en trois secondes, ce qui pourrait être lié à un dégivrage du tube de pitot. Les spécialistes ont calculé que l'avion s'est écrasé verticalement à la vitesse de 1 200 km/h, laissant un cratère d'impact de 70 mètres de diamètre et de 10 mètres de profondeur.
samedi 2 mai 2009
Du lard ou du cochon
En langage porcin, "grippe porcine" se dit "grippe humaine". D'ailleurs, la communauté des porcs et des sangliers se demandent très sérieusement s'il ne faudrait pas mettre les humains en quarantaine...
Tiens, savez-vous pourquoi les humains sont beaucoup plus susceptibles de contracter les maladies du porc que celles des autres espèces comme, par exemple, les oiseaux ? Parce que l'ADN humain et l'ADN porcin sont relativement proches.
En somme, l'homme, par nature, est bien plus déterminé à se rouler dans la boue qu'à prendre son envol vers les cieux.
L'homme mâle, évidemment... ^^
vendredi 1 mai 2009
1er mai

samedi 25 avril 2009
Dormez en paix, braves gens...
... la France est à l'abri du fléau ! Comme toujours !
Je suppose que vous avez entendu parler de la "grippe porcine" et du risque de pandémie. Réaction des organismes sanitaires de notre pays : "nous n'importons pas de porcs mexicains ni américains". Certes. Sauf que le virus a déjà muté pour se propager aux hommes, et pas seulement dans les campagnes où règne la promiscuité avec l'animal !
Là où j'ai tilté, c'est quand la radio a annoncé qu'il s'agissait d'un virus de type H1N1. Or, celui-là, je le connais bien, non pas parce que je fais partie de son cercle d'amis, mais parce qu'il y a quelques temps, je l'ai étudié via une pandémie qui a eu lieu il y a... 90 ans. En effet, ce H1N1 était déjà le nom savant de... la grippe espagnole, cette pandémie désastreuse qui a fait des millions de morts dans le monde d'après-guerre en 1918 et 1919, en suivant un parcours relativement similaire : partie d'une épidémie de grippe aviaire en Asie du sud-est, elle a ensuite franchi le Pacifique pour se propager aux porcs américains, muter, et se transmettre à l'homme. Puis, via les soldats américains expédiés en Europe pour lutter contre l'ennemi teuton, elle s'est propagée dans tout le vieux continent, puis à l'Asie où elle a tué plusieurs centaines de millions de gens. L'Espagne, pays neutre dans le conflit, a été la première à reconnaître son existence. Ensuite, la rumeur a couru partout que le virus était transmis par les boîtes de conserve espagnoles...
Alors je ne me fais pas trop de souci : nos pays occidentalisés, même s'ils ont à déclarer quelques cas mortels, ne devraient pas avoir de mal à surmonter une pandémie de cette nature. En revanche, je doute beaucoup que l'Afrique, l'Asie et tous les pays émergents parviennent à protéger leurs populations, hormis dans les villes.
Je pense hélas que nos médias font très attention à ne pas faire de parallèle avec la grippe espagnole pour ne pas déclencher de panique...
mercredi 15 avril 2009
C'est dans l'air
lundi 13 avril 2009
Le Val, un jour de pluie...
Même le mauvais temps ne parvient pas à éteindre la lumière que dégagent à la fois le fleuve et le ciel...

Et après la pluie...

Mais qu'importe ! Le printemps est bien là !

lundi 6 avril 2009
Crise toujours
Au Moyen-Âge, à la Renaissance, au XVIIe siècle, les crises économiques générales étaient provoquées par les aléas climatiques, les mauvaises récoltes qui en découlaient directement et, par voie de conséquence, la spéculation sur les cours du blé. En vérité, même en période de famine, il y avait du blé pour tout le monde mais tout le monde ne pouvait pas en acheter. Par voie de conséquence, ces crises "frumentaires", comme on les appelle, se soldaient par des bilans humains très lourds.
Ces crises ne se déroulaient pas sans heurts : soulèvements, jacqueries, violences en étaient des conséquences inéluctables. Les gens se révoltaient parce qu'ils avaient faim, parce que leurs enfants mouraient, parce qu'ils étaient totalement abandonnés à eux-mêmes au sein d'un monde particulièrement hostile.
Le Siècle des Lumières, non par ses enseignements philosophiques, mais surtout par ses mutations économiques, changea radicalement cet équilibre précaire basé sur le bon vouloir des éléments célestes. Les relations commerciales, les prémices de la révolution industrielle, les liaisons maritimes et terrestres plus nombreuses et plus sûres sortirent le plus grand nombre du spectre de la faim. Il y eut bien encore quelques disettes, mais plus jamais de famines. Pour autant, les crises ne cessèrent pas, la Révolution est là pour en témoigner. Un système absolutiste vieillissant et nécrosé, trop d'impôts, le prix du pain qui grimpe en flèche, et ce fut un bouleversement tel que plus jamais rien ne fut comme avant même si, en réalité, il n'y eut pas de cassure nette et que la transition, loin d'être aussi radicale que les jalons dont on hachure les frises chronologiques de l'Histoire de France, s'étala sur une bonne partie du XIXe siècle.
Révoltes et révolutions émaillèrent aussi cette période : les gens se révoltaient parce qu'ils voulaient être libres. Aux îles Caraïbes, les esclaves se soulevèrent aussi : eux se battaient d'abord pour être admis au rang des hommes.
Aujourd'hui, comme en 29, la crise est provoquée non plus par des séries de mauvaises années climatiques et de cours des céréales qui s'envolent, non plus par un système politique injuste et figé, non plus par la privation systématiques des droits élémentaires de ceux (le plus grand nombre) qui n'ont pas la chance de naître avec une cuiller en argent dans la bouche, non plus sur l'esclavage. Aujourd'hui, la crise a été provoquée par la spéculation financière qui, par un jeu de dominos particulièrement pervers, a conduit à la récession générale. Les esprits chauffent, les mains tremblent de fureur, la grogne est latente et se traduit, pour le moment, par quelques manifestations et quelques débordements. Rien ne dit que cela va dégénérer. Rien ne dit que cela va s'arranger. Les émeutes qui ont eu lieu à la Guadeloupe il y a quelques semaines pourraient bien être la première salve d'une longue période agitée d'autant que la réponse des politiques (pas uniquement les nôtres mais aussi tous ceux des pays constituant le G20) toutes tendances confondues) manque singulièrement de puissance et d'innovation et stagne dans une forme de conservatisme obstiné. Aux problèmes, la solution consiste à répondre par des millions, voire des milliards, de dollars ou d'euros, des sommes tellement astronomiques qu'elles ont de grandes chances de rester à l'état purement virtuel et de ne pas apporter le moindre réconfort aux plus démunis.
Quelle est la solution ? Personnellement, je n'en sais rien. Peut-être consommer un peu moins et réfléchir un peu plus. Il y a tant de choses à faire dans la vie qui ne coûtent quasiment rien. Nous n'avons plus faim, nous sommes libres (libres et égaux), nous avons toutes sortes de droits divers et variés (peut-être même un peu trop) et pourtant, nous ne vivons pas spécialement bien. Mieux qu'au Moyen-Âge, cela ne fait aucun doute (seuls les naïfs peuvent se permettre d'encenser les siècles passés), mais pas forcément bien.
Ainsi que l'écrivait Dostoievski après ses longues années dans les goulags de Sibérie ou Primo Levi rescapé de l'enfer concentrationnaire, le malheur ne réunit pas les hommes, il les désunit et met à nu avec brutalité ce qu'il y a d'inné et d'acquis dans l'être humain.
dimanche 15 mars 2009
Fléaux de l'ancien temps et réactions modernes
Je suis en train de prendre des notes sur les épidémies en général, et la peste en particulier, notamment entre 1600 et 1650 en zone rurale. Je suis bien obligée de me tourner vers des sources d'envergure plus large car il y a peu de chances que je trouve quoi que ce soit de tangible à l'époque qui m'intéresse dans le trou perdu que je suis en train d'étudier, malgré de sérieuses données démographiques, hélas incomplètes compte-tenu de l'ancienneté.
Le bouquin dans lequel je suis en train de puiser une matière non négligeable en terme de quantité et intitulé La Peste Noire 1345-1730 a le mérite de s'intéresser à tous les aspects de l'épidémie, y compris à sa véracité. En effet, ce que nous, nous appelons "peste noire", provient du diagnostic clinique effectué en 1894 à l'occasion de la découverte du bacille responsable de cette maladie par un certain Alexandre Yersin. Or, voilà, les symptômes de la peste noire ne coïncident pas vraiment avec ceux décrit par les chroniqueurs du XIVe siècle lors de la terrible pandémie de 1347 - 1352 qui tua entre 25 et 50% de la population européenne. De sorte qu'il pourrait tout aussi bien s'agir d'une autre maladie, l'anthrax, par exemple. Ceci étant, nous savons à présent que les virus ont tendance à muter. Le bacille de 1894 n'était sans doute pas identique à celui de 1347, d'où peut-être ces différences sur le plan des symptômes.
Reste que nous sommes, à présent, relativement tranquilles du côté de la peste. Conséquence de la propagation d'une hygiène minimale, de la mutation des espèces murines (autrement dit des variétés de rats), de la disparition considérable des parasites corporels humains (poux et puces principalement) ? En vérité, historiens et communauté médicale s'interrogent encore.
La peste survit encore à l'état endémique dans certaines régions du monde, en Inde, par exemple, où une rumeur de peste bubonique éclata en 1995. Conséquences : toutes les compagnies aériennes occidentales cessèrent de desservir le pays. Ainsi, on autorisa les avions venant du Pakistan à se poser en Europe, mais pas ceux en provenance de Calcutta, alors qu'Islamabad était bien plus proche de Bombay, source réelle de la résurgence.
La réaction hystérique des médias devant ces foyers épidémiologiques fait ressurgir les vieilles terreurs enfouies dans la conscience collective et qui remontent à ce XIVe siècle saturé de conditions climatiques désastreuses, de famines meurtrières, d'épidémies apocalyptiques et de guerres destructrices. On se souvient encore de la "grippe du poulet" ou de la pneumopathie atypique qui devait détruire l'humanité toute entière dans les 15 jours. On le voit à l'époque actuelle avec "la crise économique", qui n'a rien d'une maladie, mais qui se répand comme un fléau d'une rare intensité via les outils médiatiques.
A la vérité, si la réalité était à la mesure du battage médiatique, les journaux télévisés ne parleraient chaque soir que des millions de morts du Sida en Afrique ou de la malaria (et autres paludismes) qui est la plus grande source de mortalité dans les pays pauvres. Personne ne s'intéressait à la pneumopathie atypique tant qu'elle se limitait à quelques cas en Chine rurale. La presse n'a parlé, finalement, que de son impact sur la Chine occidentalisée et sur Hongkong. En définitive, ce qui préoccupe les médias n'est pas vraiment la nocivité générale de telle ou telle maladie, mais sa capacité à tuer des Occidentaux en grand nombre. Dans ce dernier cas, un barrage hystérique se met en place alors que tout le monde se moque éperdument de maladies considérées comme "normales" dans certains pays ignorant l'hygiène.
Les pandémies sont finalement des révélateurs d'attitudes mentales, celles de l'Ouest vis-à-vis du reste du monde.
vendredi 27 février 2009
Sur les bords de la Loire...
... par une belle journée qui sent le printemps. Les perce-neiges sont complètement épanouis, l'eau calme clapote à peine le long des berges, les arbres tendent leurs branches nues vers le ciel... et Gabriel dort paisiblement dans son landau. 





