samedi 25 avril 2009
Dormez en paix, braves gens...
... la France est à l'abri du fléau ! Comme toujours !
Je suppose que vous avez entendu parler de la "grippe porcine" et du risque de pandémie. Réaction des organismes sanitaires de notre pays : "nous n'importons pas de porcs mexicains ni américains". Certes. Sauf que le virus a déjà muté pour se propager aux hommes, et pas seulement dans les campagnes où règne la promiscuité avec l'animal !
Là où j'ai tilté, c'est quand la radio a annoncé qu'il s'agissait d'un virus de type H1N1. Or, celui-là, je le connais bien, non pas parce que je fais partie de son cercle d'amis, mais parce qu'il y a quelques temps, je l'ai étudié via une pandémie qui a eu lieu il y a... 90 ans. En effet, ce H1N1 était déjà le nom savant de... la grippe espagnole, cette pandémie désastreuse qui a fait des millions de morts dans le monde d'après-guerre en 1918 et 1919, en suivant un parcours relativement similaire : partie d'une épidémie de grippe aviaire en Asie du sud-est, elle a ensuite franchi le Pacifique pour se propager aux porcs américains, muter, et se transmettre à l'homme. Puis, via les soldats américains expédiés en Europe pour lutter contre l'ennemi teuton, elle s'est propagée dans tout le vieux continent, puis à l'Asie où elle a tué plusieurs centaines de millions de gens. L'Espagne, pays neutre dans le conflit, a été la première à reconnaître son existence. Ensuite, la rumeur a couru partout que le virus était transmis par les boîtes de conserve espagnoles...
Alors je ne me fais pas trop de souci : nos pays occidentalisés, même s'ils ont à déclarer quelques cas mortels, ne devraient pas avoir de mal à surmonter une pandémie de cette nature. En revanche, je doute beaucoup que l'Afrique, l'Asie et tous les pays émergents parviennent à protéger leurs populations, hormis dans les villes.
Je pense hélas que nos médias font très attention à ne pas faire de parallèle avec la grippe espagnole pour ne pas déclencher de panique...
Merveille
Inutile de courir à l'autre bout de la terre pour apprécier certaines merveilles... Pour ma part, je n'ai que six kilomètres à faire pour admirer celle-ci...

(Photo : Noémie)
jeudi 23 avril 2009
Une vieille connaissance

Je l'avais déjà rencontrée, il y a une dizaine d'années, à l'horizontale sous une vitrine du Musée de l'Homme à Paris. Lucy a fait le voyage jusqu'à Blois pour nous être présentée, toujours sous une vitrine, mais à la verticale, cette fois. Si vous passez dans la région, n'hésitez pas à vous rendre au Musée des Jacobins où l'expo temporaire "La Ruée vers l'Homme" se tient jusqu'au 17 mai prochain. C'est très bien fait et adapté également aux plus jeunes visiteurs (ma cousine de 10 ans a adoré !).
(Photo : Noémie)
mercredi 22 avril 2009
Une semaine édifiante
Mon père dirige une petite PME (moins de dix salariés) spécialisée dans le bâtiment (à peu près tout sauf charpente, couverture et gros travaux de maçonnerie). Dans moins d'un an, il va prendre sa retraite et céder son entreprise à l'un de ses ouvriers. Mon père bosse depuis l'âge de treize ans et demi ; quant on voit la retraite qu'il aura au bout du compte, ça laisse tristement rêveur !
Son gros souci, depuis de nombreuses années, est de trouver une main d'œuvre potable. La dévalorisation des métiers manuels au sein de l'Education Nationale a abouti à une situation apocalyptique : il y a du travail, beaucoup de travail dans le bâtiment (je parle, bien entendu, des PME, pas des grosses boîtes qui profitent des circonstances actuelles pour licencier à tour de bras), mais peu d'éléments capables de l'accomplir, les élèves des CFA spécialisés dans cette branche étant, pour une grande majorité, les largués du système scolaire. La situation est même tellement catastrophique au niveau de l'apprentissage qu'après plusieurs expériences malheureuses (l'une d'entre elles a abouti à ce que mon père emmène son apprenti aux prudhommes, un comble !), mon paternel s'est résolu à ne prendre que des filles (beaucoup plus motivées, tout au moins dans cette branche professionnelle). D'ailleurs, sa dernière apprentie lui a donné les plus grandes satisfactions.
Il y a quelques temps, il a recruté, par le biais d'une agence d'interim, un électricien. S'est présenté un quinquagénaire tout à fait compétent qui avait plusieurs années d'interim derrière lui. Au bout de quelques semaines, mon père lui a accordé un CDD, puis un second quand le premier est arrivé à échéance. Tout se passait très bien, le gars était parfaitement apte, autonome, discipliné, sociable. Tellement capable d'ailleurs, que mon père commençait à penser sérieusement à lui octroyer un CDI quand le second CDD serait terminé. Son successeur n'étant pas spécialisé dans l'élec, il pensait qu'une personne capable de se débrouiller dans ce domaine lui serait d'un précieux secours.
A la veille de Pâques, le vendredi soir, l'électricien annonce qu'il s'en va passer le week-end au bord de la mer. Rien d'autre à signaler, pas un mot plus haut que l'autre, strictement rien.
Le mardi matin, personne. Pas un coup de fil, rien. Mon père appelle son employé sur son portable : rien à faire. Il passe devant chez lui, va sonner à sa porte : tout reste hermétiquement clos.
Le mercredi matin : toujours personne. L'inquiétude prend le pas sur l'agacement. Mais que faire ? Cet homme vit seul, il n'a apparemment pas de famille à proximité et mon père ne connaît aucun de ses proches.
Le jeudi matin : encore personne. Cette fois, mon père, très inquiet, prend le taureau par les cornes et appelle la police. On lui répond que, vu qu'il n'est pas un proche, on ne peut strictement rien entreprendre. Mais, étant donné que ça devient quand même très inquiétant, on lui conseille d'appeler les pompiers qui ont le droit et les moyens techniques de pénétrer chez les particuliers. Ce qu'il fait aussitôt.
Une escouade de pompiers se rend donc au domicile de l'électricien. Frappe à la porte. Et qui vient tranquillement ouvrir, frais comme un gardon ? Le disparu lui-même qui n'est donc ni mort, ni malade, ni estropié d'une quelconque façon. Et qui déclare, aux questions pressantes des secouristes, qu'il ne veut plus avoir aucun contact avec son employeur. Pour qui, pour quoi, mystère et boule de gomme. Une vraie histoire de fous dans la mesure où rien, strictement rien, ne permet de comprendre cette attitude. Un vrai casse-tête d'un point de vue juridique en tout cas, puisque mon père évoque déjà l'éventualité d'alerter son avocat pour se dépatouiller de cette ténébreuse histoire. On a souvent l'impression, à entendre à longueur de journée, que telle ou telle grosse boîte se sépare d'un nombre effarant d'employés, qu'il est facile et indolore de virer quelqu'un. C'est loin d'être le cas et, dans des circonstances pareilles, c'est particulièrement épineux.
Vendredi matin, nouveau coup de théâtre : coup de fil en personne de l'électricien qui annonce tranquillement qu'il va reprendre le travail le lundi suivant. La nuit lui avait-elle porté conseil ? A-t-il des problèmes psy qui lui font faire et dire n'importe quoi ? Vaguement évoquée en réunion de famille le week-end dernier, l'affaire suscitera deux réactions bien distinctes, opposant, pour l'une, les réalités économiques à, pour l'autre, la dimension psychologique et sociale de l'affaire. Mais voilà, ce serait peut-être aller un peu loin que d'exiger des entreprises de se transformer en service social, ce n'est, somme toute, pas du tout leur vocation. Mon père est loin d'être un tyran avec ses employés, il a même fait preuve d'une infinie patience avec certains d'entre eux, pour aboutir à la conclusion qu'il fallait observer un juste milieu entre trop et pas assez, et que l'assistanat n'aboutissait à rien de bon.
Lundi matin : explications. Pour finir, l'électricien ne souffre ni de problèmes familiaux, ni de problèmes psy. Lorsqu'il est rentré de son week-end à la mer au soir du lundi de Pâques, trouvant peut-être que ces trois jours avaient filé comme l'éclair, il est allé s'acheter une bouteille d'alcool et a passé deux jours en coma éthyllique.
Au bout du compte, il est maintenant très peu probable qu'il obtienne un CDI...
vendredi 17 avril 2009
Réalité
Après l'enfer de la jungle...
... l'enfer des médias et des contrevérités !
Pour vivre heureux... vivons cachés...
mercredi 15 avril 2009
C'est dans l'air
lundi 13 avril 2009
Le Val, un jour de pluie...
Même le mauvais temps ne parvient pas à éteindre la lumière que dégagent à la fois le fleuve et le ciel...

Et après la pluie...

Mais qu'importe ! Le printemps est bien là !

lundi 6 avril 2009
Crise toujours
Au Moyen-Âge, à la Renaissance, au XVIIe siècle, les crises économiques générales étaient provoquées par les aléas climatiques, les mauvaises récoltes qui en découlaient directement et, par voie de conséquence, la spéculation sur les cours du blé. En vérité, même en période de famine, il y avait du blé pour tout le monde mais tout le monde ne pouvait pas en acheter. Par voie de conséquence, ces crises "frumentaires", comme on les appelle, se soldaient par des bilans humains très lourds.
Ces crises ne se déroulaient pas sans heurts : soulèvements, jacqueries, violences en étaient des conséquences inéluctables. Les gens se révoltaient parce qu'ils avaient faim, parce que leurs enfants mouraient, parce qu'ils étaient totalement abandonnés à eux-mêmes au sein d'un monde particulièrement hostile.
Le Siècle des Lumières, non par ses enseignements philosophiques, mais surtout par ses mutations économiques, changea radicalement cet équilibre précaire basé sur le bon vouloir des éléments célestes. Les relations commerciales, les prémices de la révolution industrielle, les liaisons maritimes et terrestres plus nombreuses et plus sûres sortirent le plus grand nombre du spectre de la faim. Il y eut bien encore quelques disettes, mais plus jamais de famines. Pour autant, les crises ne cessèrent pas, la Révolution est là pour en témoigner. Un système absolutiste vieillissant et nécrosé, trop d'impôts, le prix du pain qui grimpe en flèche, et ce fut un bouleversement tel que plus jamais rien ne fut comme avant même si, en réalité, il n'y eut pas de cassure nette et que la transition, loin d'être aussi radicale que les jalons dont on hachure les frises chronologiques de l'Histoire de France, s'étala sur une bonne partie du XIXe siècle.
Révoltes et révolutions émaillèrent aussi cette période : les gens se révoltaient parce qu'ils voulaient être libres. Aux îles Caraïbes, les esclaves se soulevèrent aussi : eux se battaient d'abord pour être admis au rang des hommes.
Aujourd'hui, comme en 29, la crise est provoquée non plus par des séries de mauvaises années climatiques et de cours des céréales qui s'envolent, non plus par un système politique injuste et figé, non plus par la privation systématiques des droits élémentaires de ceux (le plus grand nombre) qui n'ont pas la chance de naître avec une cuiller en argent dans la bouche, non plus sur l'esclavage. Aujourd'hui, la crise a été provoquée par la spéculation financière qui, par un jeu de dominos particulièrement pervers, a conduit à la récession générale. Les esprits chauffent, les mains tremblent de fureur, la grogne est latente et se traduit, pour le moment, par quelques manifestations et quelques débordements. Rien ne dit que cela va dégénérer. Rien ne dit que cela va s'arranger. Les émeutes qui ont eu lieu à la Guadeloupe il y a quelques semaines pourraient bien être la première salve d'une longue période agitée d'autant que la réponse des politiques (pas uniquement les nôtres mais aussi tous ceux des pays constituant le G20) toutes tendances confondues) manque singulièrement de puissance et d'innovation et stagne dans une forme de conservatisme obstiné. Aux problèmes, la solution consiste à répondre par des millions, voire des milliards, de dollars ou d'euros, des sommes tellement astronomiques qu'elles ont de grandes chances de rester à l'état purement virtuel et de ne pas apporter le moindre réconfort aux plus démunis.
Quelle est la solution ? Personnellement, je n'en sais rien. Peut-être consommer un peu moins et réfléchir un peu plus. Il y a tant de choses à faire dans la vie qui ne coûtent quasiment rien. Nous n'avons plus faim, nous sommes libres (libres et égaux), nous avons toutes sortes de droits divers et variés (peut-être même un peu trop) et pourtant, nous ne vivons pas spécialement bien. Mieux qu'au Moyen-Âge, cela ne fait aucun doute (seuls les naïfs peuvent se permettre d'encenser les siècles passés), mais pas forcément bien.
Ainsi que l'écrivait Dostoievski après ses longues années dans les goulags de Sibérie ou Primo Levi rescapé de l'enfer concentrationnaire, le malheur ne réunit pas les hommes, il les désunit et met à nu avec brutalité ce qu'il y a d'inné et d'acquis dans l'être humain.





