Le Petit Royaume de l'Atlante

Moi, mes émotions, mes humeurs, mes envies...

samedi 28 mars 2009

Les beaux yeux de Gabriel

Les_yeux_de_Gabriel

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vendredi 27 mars 2009

Erreur sur la personne...

Véridique.

Un homme de ma connaissance avait remarqué, depuis une quinzaine de jours, un hélicoptère tournant à basse altitude au-dessus de sa maison et trouvait la chose plutôt bizarre.

Un matin, à sept heures moins le quart, alors que tout le monde dormait encore, douze flics forcent les portes de sa maison, lampes électriques au poing, sortent du lit le propriétaire, sa femme, la belle-mère cardiaque et la belle-fille âgée de quinze ans, plaquent ledit proprio contre un mur, lui passent les menottes et commencent à assommer tout le monde de questions... musclées.

Motif : cet homme de ma connaissance est un trafiquant de drogue.

Sauf que c'est pas ça du tout. Même nom, même prénom, certes. Mais sept ans d'écart quant à la date de naissance du type recherché par les flicaillons, et pas du tout la même filiation.

Est-il utile de préciser que la victime de cette erreur judiciaire est très en colère et compte, à juste titre, porter plainte ?

Là où ça devient comique, c'est qu'ils ont trouvé quinze jours à perdre pour surveiller les allées et venues des habitants de ce pavillon tranquille, mais pas une demi-heure pour vérifier leurs informations.

Ah, la justice...

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samedi 21 mars 2009

MOI

Janvier_1973

Posté par Atlante41 à 19:17 - Faut bien commencer quelque part... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Crises

Le monde a traversé bien des crises par le passé. Des crises très graves dont le bilan se mesurait en pertes humaines effroyables.

Le XIVe siècle, par exemple. Dès le début de cette période désastreuse, un changement climatique provoque une série d'années humides qui, réduisant les récoltes au quasi rien, déclenche des famines apocalyptiques et, consécutivement, des épidémies meurtrières. L'économie s'en ressent durement. Ajoutons à cela que les trois Capétiens directs disparaissent sans laisser de postérité masculine et que l'accession au trône des Valois sous le prétexte d'une prétendue loi salique héritée des temps mérovingiens provoque la rupture avec l'Angleterre et la fameuse guerre de Cent Ans, en réalité une longue période de guerre larvée qui dure jusque dans la seconde moitié du XVe siècle. Cette période trouble provoque l'effondrement du cours des matières premières et des bouleversements sociaux importants. Et comme si cela ne suffisait pas, en 1348, débarque la Grande Peste Noire qui décime 25 millions de personnes (125 millions en Chine) et qui revient ensuite sporadiquement saigner la population jusque vers 1730. Sur le plan démographique, les gens mettront trois siècles à récupérer de ce fléau et, sur le plan psychologique, la conscience collective en restera marquée à jamais, jusqu'à nos jours. Comment s'étonner, dans ces conditions, que les XIVe et XVe siècles soient le théâtre de multiples jacqueries et soulèvements dans les régions les plus pauvres du beau royaume de France ?

Le XVIIe siècle, en particulier le règne de Loulou le Quatorzième, ne fut guère meilleur. Passons sur les épidémies dont le roi n'est certes pas responsables. Vers le fin des années 1640, aux épidémies s'ajouta la Fronde. Des "gens de guerre" sillonnent les campagnes, brutalisent les paysans, les tuent parfois. Une fois atteinte sa majorité, le jeune roi, revanchard, proclamera que "l'état c'est moi !", se passera de premier ministre et développera le système de la Cour et de l'Étiquette afin de tenir à l'œil la grande noblesse et de la distraire de l'idée de lui chercher querelle. Et si cela n'y suffit pas, il l'expédie à la guerre répandre son sang pour sa plus grande gloire. Au point que, rapidement, il devra développer le système de la "noblesse de robe" afin de pouvoir renflouer ses caisses et ses armées. Quant aux paysans, il n'a certes pas le pouvoir de leur assurer de bonnes récoltes alors il fait mater les quelques insurrections qui éclatent à la suite des crises dites "frumentaires". Celle de 1662 / 1663, tout d'abord, terrible. Et surtout celle de 1693 / 1694, engendrée par une succession d'années "pourries", qui vit périr un Français sur sept sur une population totale de 21 millions d'habitants, soit l'équivalent de la guerre de 14 / 18, mais en deux ans seulement. Dans les vieux registres, ce plongeon démographique est visible comme le nez en plein milieu de la figure : l'année 1694 se singularise par une augmentation hallucinante des inhumations que même un néophyte ne peut faire autrement que de remarquer.

Enfin, la grogne de la fin des années 1780 est aggravée par l'hiver 1788, terriblement froid, et la disette qui s'ensuivit. Nul doute que si les cours du blé et le prix du pain n'avait pas flambé, la Révolution n'aurait pas été ce qu'elle a été.

Actuellement, nous sommes en crise. On nous le rabâche tellement d'ailleurs que, même si on refuse de se laisser aller au pessimisme ambiant, l'idée, relayée par le matraquage médiatique systématique, finit par s'incruster durablement dans nos esprits. Les prix ont augmenté, certes : le lait, le pain, les produits de base. Pas de famine à l'horizon, néanmoins, ni de disette. Des gens, dans la rue, oui, certes. Nos chers médias n'oublient pas de nous signaler les SDF morts de froid durant l'hiver... tout en oubliant de mentionner ceux, bien  plus nombreux, qui meurent aussi dans la rue tout le reste de l'année dans l'indifférence générale.

On nous parle de "pouvoir d'achat" à longueur de journée. Mais de "pouvoir d'achat" de quoi ? De nourriture, certainement pas. De vêtements, certainement pas non plus. Quand on voit les petites nanas des établissements scolaires qui, au premier rayon de soleil, sont déjà en tee-shirts, le ventre à l'air pour bien exhiber leurs piercings et le décolletté bien échancré pour bien montrer la marchandise, on est en droit de douter que leur habillement minimaliste provient d'un pouvoir d'achat en berne. Alors, force est de se dire que ce "pouvoir d'achat" concerne des produits autres. Musique, voitures, technologies, cosmétiques.... Les loisirs, en quelques sortes. Ceux qui rendent la vie un peu moins terne mais qui, dans la gamme des priorités, passent tout de même après l'essentiel.

Avoir un toit. De quoi se vêtir, se chauffer, se nourrir. Et être libre.

Nos ancêtres se révoltaient parce qu'ils crevaient de faim et de servitude. Les esclaves des îles des Caraïbes se sont révoltés pour être libres et admis au rang des hommes. Nous, nous râlons pourquoi ?

Personnellement, je préfère me passer d'écran plat et avoir des légumes dans mon assiette.

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mercredi 18 mars 2009

Et ça fait...

... deux mois aujourd'hui pour Gabriel !

Des news ? Bon, à la visite chez le doc de la semaine dernière, il en était à 4.120 kg. A la pesée au début de cette semaine, il en était à 4.890 kg. Il se rattrape ! Espérons tout de même qu'il ne va pas prendre 700g chaque semaine car, sinon, il va devenir rapidement énorme...

Ceci dit... Quelques posts plus bas, vous avez une photo de mon grand-père avec Charlotte et Félix. Leur maman a eu la première aux US, à Fresno, et le second à Volvic. Etant très orientée médecine naturelle, bio et tout le toutim et têtue comme une bourrique, elle avait décrété qu'elle n'accoucherait pas à l'hôpital mais dans une baignoire. Donc acte. Comme aux US, ils ne sont pas du tout branchés là-dessus, sa baignoire, elle l'a commandée sur Internet et a accouché chez elle, avec une sage-femme. Au bout du compte, la côtelette prénommée Charlotte pesait la bagatelle de 4.150 kg à la naissance. Bébé, elle était... bah... joufflue, quoi ! Même que son papa lui disait : "Profites-en parce que c'est la seule période de ta vie où on te le pardonnera !". Maintenant, c'est une petite fille tout ce qu'il y a de plus normal, voire même un peu gracile (mais pas maigre).

Pour Félix, comme c'était en France, ma cousine a réussi à trouver une baignoire plus vaste. Comme le médecin était en retard, ma cousine s'est installée tout bonnement dans sa baignoire et a accouché tout tranquillement, en un quart d'heure. Vous me direz : il ne devait pas être bien gros pour que ce fût aussi rapide. Détrompez-vous. Ils n'ont pesé Félix que trois jours après sa naissance. Et il pesait encore 4.700g... Alors à deux mois... Tiens, c'est d'ailleurs l'âge où je l'ai vu pour la première fois, à la mi-août 2003, en pleine canicule. Ce n'était pas un gros poupon, c'était un énorme poupon ! Qui glissait de partout. Mon cousin Alexis, 13 ans à l'époque, à qui je l'avais refourgué pour faire une photo, ne savait même plus comment le tenir. Eh bien Félix a perdu tous ses bourrelets dès qu'il a commencé à marcher et c'est maintenant un petit garçon de presque six ans tout ce qu'il y a de plus classique. Comme quoi...

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mardi 17 mars 2009

Le chat qui dort

J'ai un chat. Un gros chat qui doit peser dans les 7kg au bas mot. Un chat de maison car, le précédent étant mort empoisonné par des mains malveillantes et dans des souffrances épouvantables, il a été décidé d'un commun accord que celui-ci ne vadrouillerait pas librement dehors. Malheureux ? Non, pas plus que ça. D'ailleurs, le moindre brin d'herbe agité par le vent lui flanque une trouille bleue.

Il Signore Orient (c'est son nom) passe donc ses journées vautré en divers endroit de la maison : mon lit, le canapé de la salle à manger; les paniers, les chaises de la cuisine ou, quand la porte reste entrouverte, le fauteuil en cuir où je m'installe pour pianoter sur mon écran. Une vie de pacha qui oscille entre profond sommeil et rations de croquettes. Croquettes de régime, bien entendu, car il a plus que tendance à l'embonpoint. Bon, c'est pas sa faute : quand il était chaton, il a attrapé la teigne, le vétérinaire lui a prescrit un traitement de cheval et, pour épargner son estomac tout neuf, nous avait recommandé de lui filer son médicament avec quelque chose de gras. Pendant trois mois, tous les soirs, il a donc eu droit à un petit suisse. D'où la surcharge pondérale, jamais compensée par l'activité physique.

Malgré tout, il a un caractère bien affirmé : c'est un dominant. Et ma foi, il n'est pas dit que je me laisserai dominer par un chat ! Par conséquent, il a plutôt tendance à filer doux. Sinon, c'est la taloche assurée... et il n'aime pas ça du tout ! Ce qui ne l'empêche pas de faire des bêtises... ou de voler, car il a le vol chevillé au corps, et rien n'y fait. Côté relations sociales, c'est tangent : il aime bien les enfants, mais pas les bébés. Face à Gabriel, il a une attitude de recul à mourir de rire, comme s'il se demandait ce que c'est que ce petit truc remuant et braillard qui ressemble à de l'humain. Ce qui nous arrange bien, d'un certain côté. Peut-être est-il aussi un peu jaloux. Côté grandes personnes, il a ses têtes et, en présence d'un inconnu, s'il décide de se tenir à l'écart, c'est définitif. Du style : "toi, j't'aime pas !". En revanche, il y a des personnes qu'il adore. Enfin, plus de cinq personnes dans la maison, c'est trop pour lui.

Et la société animale, me direz-vous ? Alors là, c'est bien simple : il n'aime pas d'autre animal que lui-même. Ah si, il s'intéresse beaucoup aux petits oiseaux, aux mouches, aux musaraignes... et je l'ai aussi vu casser la gueule à un pauvre petit lézard qui avait eu l'imprudence de s'aventurer dans la maison un jour de grosse chaleur. Je n'ai eu le temps que l'empêcher de le manger.

Quand il fait beau, il a le droit de sortir... attaché. Cruel ? Non. Il s'y fait très bien. Mais alors, si une autre bestiole s'approche... c'est la révolution ! Hier midi, par exemple, il a profité du soleil entre midi et deux. Tranquille. Au moment de rentrer, détachage. D'habitude, il trottine tranquillement vers la porte de la maison pour rentrer. Mais là, que nenni. Il s'est engouffré comme une furie par le portillon entrouvert pour se lancer à la poursuite d'un pauvre petit matou qui se baladait tranquillement dans la rue. L'autre n'a eu d'autre option que de prendre la poudre d'escampette. Il nous a fallu cinq cent mètres et un mal de chien pour le ramener à la maison, hérissé de fureur, feulant comme un tigre de Sibérie (le rugissement en moins).

L'apothéose a été atteinte le jour où ma soeur a décidé de nous présenter la petite chatte qu'elle a adoptée. La pauvre petite bête était encore dans sa boîte de transport que Maître Orient grognait déjà tout autour de fort méchante façon. Pour plus de tranquillité, nous l'avons enfermé dans la salle à manger. A travers la vitre de la porte, il voyait l'intruse vadrouiller paisiblement sur son territoire... et se lançait de grands coups contre le carreau, crachant de rage, les yeux flamboyants comme ceux d'un loup. Nous avons dû finalement l'enfermer au fond de la maison, dans la réserve, pour avoir la paix.

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dimanche 15 mars 2009

Fléaux de l'ancien temps et réactions modernes

Je suis en train de prendre des notes sur les épidémies en général, et la peste en particulier, notamment entre 1600 et 1650 en zone rurale. Je suis bien obligée de me tourner vers des sources d'envergure plus large car il y a peu de chances que je trouve quoi que ce soit de tangible à l'époque qui m'intéresse dans le trou perdu que je suis en train d'étudier, malgré de sérieuses données démographiques, hélas incomplètes compte-tenu de l'ancienneté.

Le bouquin dans lequel je suis en train de puiser une matière non négligeable en terme de quantité et intitulé La Peste Noire 1345-1730 a le mérite de s'intéresser à tous les aspects de l'épidémie, y compris à sa véracité. En effet, ce que nous, nous appelons "peste noire", provient du diagnostic clinique effectué en 1894 à l'occasion de la découverte du bacille responsable de cette maladie par un certain Alexandre Yersin. Or, voilà, les symptômes de la peste noire ne coïncident pas vraiment avec ceux décrit par les chroniqueurs du XIVe siècle lors de la terrible pandémie de 1347 - 1352 qui tua entre 25 et 50% de la population européenne. De sorte qu'il pourrait tout aussi bien s'agir d'une autre maladie, l'anthrax, par exemple. Ceci étant, nous savons à présent que les virus ont tendance à muter. Le bacille de 1894 n'était sans doute pas identique à celui de 1347, d'où peut-être ces différences sur le plan des symptômes.

Reste que nous sommes, à présent, relativement tranquilles du côté de la peste. Conséquence de la propagation d'une hygiène minimale, de la mutation des espèces murines (autrement dit des variétés de rats), de la disparition considérable des parasites corporels humains (poux et puces principalement) ? En vérité, historiens et communauté médicale s'interrogent encore.

La peste survit encore à l'état endémique dans certaines régions du monde, en Inde, par exemple, où une rumeur de peste bubonique éclata en 1995. Conséquences : toutes les compagnies aériennes occidentales cessèrent de desservir le pays. Ainsi, on autorisa les avions venant du Pakistan à se poser en Europe, mais pas ceux en provenance de Calcutta, alors qu'Islamabad était bien plus proche de Bombay, source réelle de la résurgence.

La réaction hystérique des médias devant ces foyers épidémiologiques fait ressurgir les vieilles terreurs enfouies dans la conscience collective et qui remontent à ce XIVe siècle saturé de conditions climatiques désastreuses, de famines meurtrières, d'épidémies apocalyptiques et de guerres destructrices. On se souvient encore de la "grippe du poulet" ou de la pneumopathie atypique qui devait détruire l'humanité toute entière dans les 15 jours. On le voit à l'époque actuelle avec "la crise économique", qui n'a rien d'une maladie, mais qui se répand comme un fléau d'une rare intensité via les outils médiatiques.

A la vérité, si la réalité était à la mesure du battage médiatique, les journaux télévisés ne parleraient chaque soir que des millions de morts du Sida en Afrique ou de la malaria (et autres paludismes) qui est la plus grande source de mortalité dans les pays pauvres. Personne ne s'intéressait à la pneumopathie atypique tant qu'elle se limitait à quelques cas en Chine rurale. La presse n'a parlé, finalement, que de son impact sur la Chine occidentalisée et sur Hongkong. En définitive, ce qui préoccupe les médias n'est pas vraiment la nocivité générale de telle ou telle maladie, mais sa capacité à tuer des Occidentaux en grand nombre. Dans ce dernier cas, un barrage hystérique se met en place alors que tout le monde se moque éperdument de maladies considérées comme "normales" dans certains pays ignorant l'hygiène.

Les pandémies sont finalement des révélateurs d'attitudes mentales, celles de l'Ouest vis-à-vis du reste du monde.   

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samedi 14 mars 2009

Gabriel (la suite)

Jeudi, j'ai gardé Gabriel, pendant que sa maman allait répéter pour un futur spectacle. Deux heures et demie environ.

Je dois avouer qu'au début, j'ai été un peu... euh... déconcertée. Lorsque je l'ai débarqué à la maison, emmitouflé dans sa coquille, j'ai entrepris de lui ôter son manteau... Et naturellement, c'est à ce moment très précis qu'il a choisi de se réveiller et de se mettre à hurler. Comme c'était bientôt l'heure du biberon, pas trop étonnant, donc. Sarah m'avait bien recommandé (entre mille autres choses) de le changer avant le biberon, dont acte.

Imaginez la scène : ma mère et moi, quelque peu décontenancées par ce nourrisson de huit semaines (demain) hurlant comme un possédé, en train de nous évertuer à le déshabiller. Oui, évertuer, c'est le mot, car il avait sur le dos un espèce de truc pas pratique du tout qu'il fallait lui retirer par la tête. L'horreur totale, d'autant que nous avions peur de lui faire du mal. Évidemment, c'est aussi à ce moment-là qu'il a choisi de jouer les fontaines (le coup classique), inondant du même coup la serviette de toilette que nous avions étalée sur la table de la salle à manger et une bonne partie de ses vêtements. Donc, changement total. Sur fond de hurlement. Ce pauvre petit bonhomme sentait bien, en plus, que nous n'étions pas sa mère et qu'il n'était pas chez lui. J'ai fini par le laisser aux bons soins de ma mère tandis que je courais préparer le biberon (vive les micro ondes...). Tandis que j'enfournais le lait en poudre dans ledit récipient, j'entendais ma mère (trois enfants - nous - à son actif) s'interroger : "mais est-ce que je vais encore savoir faire ça ???". Finalement, elle a réussi à le ficeler dans sa couche, son body et son pyjama.

Puis je me suis installée dans le canapé pour lui enfourner le biberon dans le gosier. Et là, la sirène a stoppé net. Un seul bruit a dominé le silence : tchomp, tchomp, tchomp, tchomp. Quand je faisais mine de lui retirer la tétine (Sarah m'ayant aussi recommandé de ne pas le laisser avaler sa pitance à toute vitesse et de faire des pauses), il s'accrochait avec ses gencives nues, c'était désopilant. J'ai dû pas mal me débrouiller car il n'a même pas eu un tout petit rejet après s'être repu, à peine quelques bulles sur les lèvres à un moment donné. Après quoi, il s'est tranquillement endormi dans mes bras jusqu'à ce que sa mère revienne.

Ce n'est pas lourd du tout, un nourrisson de huit semaines. Mais au bout de deux heures, le poids de la tête sur le bras, on le sent bien, tout de même. Pourquoi je ne l'ai pas remis dans son cosy ? Parce que j'avais une frousse bleue qu'il recommence à hurler ! Alors que là, il a dormi comme un ange, il adore ça, les bras, évidemment.

Finalement, il est de bonne composition, cet enfant...

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vendredi 13 mars 2009

La morale de l'histoire

Sans doute avez-vous entendu parler de cette triste histoire au Brésil : un archevêque de Recife a excommunié une fillette de neuf ans, ainsi que sa mère et son médecin qui l'ont aidée à avorter, alors qu'elle attendait des jumeaux après avoir été violée par son beau-père depuis l'âge de six ans.

«La loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes et la fin ne justifie pas les moyens : deux innocents sont morts», martèle Mgr Sobrinho, un ultra-conservateur qui avait tenté, l’an dernier, de faire interdire la distribution par le gouvernement de la pilule du lendemain dans le Pernambouc. L’ecclésiastique persiste et signe. Quand on lui a demandé pourquoi il n’a pas puni le beau-père, il a déclaré : «Le viol est un péché moins grave que l’avortement»… Et il a enjoint au président Lula de réviser la doctrine de l’Eglise après que ce dernier a affirmé qu’«il n’était pas possible de permettre qu’une gamine violée garde [ses enfants] d’autant qu’elle risquait de mourir». Comme Lula, de nombreux catholiques brésiliens dénoncent l’«obscurantisme» et la «cruauté» de l’Eglise. D’autant que le Vatican, par la voix du cardinal Giovanni Battista Re, président de la commission pontificale pour l’Amérique latine, a défendu cette excommunication collective au nom du «droit à la vie».«C’est un cas triste mais le vrai problème, c’est que les jumeaux conçus […] ne pouvaient être éliminés», a déclaré le cardinal.

Alors messieurs les religieux, je vous pose la question. Où est le respect de la vie dans :

-les procès de l'Inquisition et ses méthodes ignobles
-l'extermination préméditée des autochtones américains
-le commerce triangulaire et l'esclavage
-les procès de Jeanne d'Arc, de Galilée et de bien d'autres
-les persécutions et les exactions meurtrières dont fut victime la communauté juive depuis le XIIe siècle (les premiers ayant été brûlés... à Blois).
-les affaires de pédophilie impliquant des prêtres
-l'absence de réaction de la papauté face au régime nazi
-les squelettes de nouveaux-nés découverts autrefois par mon grand-père maçon alors qu'il travaillait à l'emplacement des fondations d'un ancien couvent à Orléans

Et j'en passe ! Ces messieurs intégristes de l'Église catholique ont le respect de la vie qui les arrange et surtout pas celui de la vie des femmes. A croire que le célibat que vous a imposé Grégoire VII il y a un millénaire vous a grillé la zone du cerveau consacrée à l'intelligence et l'humanité. Et pour une fois, ce n'est pas la religion que j'incrimine et pour cause : rien ne concerne ce sujet dans les textes bibliques étant donné que la question ne risquait pas de poser sous l'Antiquité. En revanche, ce qui me hérisse le poil (et c'est un euphémisme), c'est qu'une poignée d'hommes se croient assez investis de la science infuse pour juger et condamner sans discernement, même une gamine de neuf ans misérable, victime et en grand danger d'y laisser sa peau.

L'obscurantisme a encore de beaux jours à vivre.

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dimanche 8 mars 2009

Grossesse

Ce qui suit me fait mourir (surtout le passage de "mappy.fr"). C'est un peu long, mais ça vaut le détour. Et ça n'arrange certes pas mes vieilles frayeurs liées à ce sujet...


Posté par Atlante41 à 14:51 - Fous rires - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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