dimanche 30 novembre 2008
Question philosophique... et surtout humaine !
J'ai lu hier dans la Nouvelle République le courrier d'une lectrice qui m'a interpellée, Mme Jocelyne Cathelineau, de Saint-Maixent-l'École (79). Si je la cite ainsi, ce n'est point pour lui attirer l'opprobre, bien au contraire. Voici l'article en question.
Le Choc de deux Mondes
Certaines oeuvres conceptuelles contemporaines agissent comme des provocations quand des enfants meurent de faim.
Un musée a acquis l'oeuvre de Jana Sterbak, Vanitas : robe de chair pour albinos anorexique. L'artiste aime les "oeuvre conceptuelles conçues dans une intention éphémère". Aussi, sa robe est-elle composée de 25 kg de vraie viande rouge afin que vous et moi puissions observer "l'esthétique insoupçonnée de la matière organique". En d'autres mots, que nous puissions la voir vieillir, pourrir, se décomposer puis disparaître, comme tout être humain. Morbide, madame Starbak ? Allons donc, elle ne touche pas la chair pourrie elle-même, elle vend l'idée avec une fiche technique. A charge pour le musée qui a acheté l'oeuvre de réaliser l'immonde vêtement et de se débrouiller pour la conservation. Après avoir hésité entre congélation et séchage de l'oeuvre sanguignolente, un génial chef de service du musée a tout simplement décidé que les employés créeraient une nouvelle robe à chaque installation. Et hop, 25 kg de viande à la poubelle !
La Mission médicale internationale, agissant au Darfour, m'avise plus sobrement que plus de deux millions de Soudanais sont en train de mourir de faim. Personne ne fait la queue pour voir mourir un véritable enfant qui n'a pas 500g de chair sur le coprs. Le petit squelette de la photo, auquel on tente de faire avaler une cuillerée, est lui aussi une "oeuvre éphémère", mais bien contre son gré...
Pour le pris de deux ou trois entrées au musée, on peut alimenter et donner à boire non seulement à cet enfant, mais à quinze autres, pendant une semaine. Je n'ose calculer combien de vies seraient sauvées avec le prix des 25kg de bon steak réclamés pour chaque "robe de chair pour albinos anorexique", et préfère ne pas savoir à quel prix madame Sterbak a vendu le concept dont l'esthétique m'échappe.
Je n'ai rien contre l'art moderne, contemporain, conceptuel, les oeuvres éphémères et les installations. Permettez-moi tout simplement d'avoir d'autres priorités que de me rendre au musée avec une pince à linge sur le nez.
Au-delà de l'indignation, bien légitime, de cette dame, plusieurs questions peuvent effectivement se poser. Notamment celle de la décence (ou de l'indécence), du droit au gaspillage, de ce que recouvre le concept de "l'esthétique". Plus encore, si les musées qui exposent ce genre d'horreurs ne sont pas plus à blâmer que l'auteur dérangée (ou diablement rusée) qui les invente. Car parler des gens en bien ou en mal, c'est toujours leur faire de la pub, et il se trouvera toujours quelque mécène tout aussi dérangé pour admirer et acheter ce genre de choses.
Dans un monde où un bon tiers de la population humaine meurt littéralement de faim, un autre tiers souffre de malnutrition et le tiers restant doit composer avec la crise, la viande trafiquée, les abus de l'élevage "en gros", 25 kg de viande rouge destinée chaque jour à la benne au sacro-saint grand nom de l'art soulève en effet un singulier dégoût. Ce qui conduit à une autre question tout aussi philosophique : l'art peut-il tout se permettre ?
mercredi 26 novembre 2008
Crise
Bon. Les médias nous le rabâchent à longueur de journée : c'est la crise. La récession. Le trou noir. Ils le rabâchent tellement, d'ailleurs, qu'on se demande si ce n'est pas intentionnel afin de bien miner le moral de tout le monde, au cas où il resterait encore des naïfs pour ignorer qu'on traverse une période morose. Les banques s'effondrent, la bourse chute, l'immobilier coule à pic, le bâtiment souffre... ça, c'est maintenant. Et on nous dresse déjà le pronostic d'une très joyeuse année 2009 : récession, chômage, restrictions, restrictions, restrictions...
Là où ça me chiffonne, c'est que le moral des Français, selon les médias, est directement indexé sur le pouvoir d'achat et la consommation. Je sais que nous vivons dans un monde extrêmement matérialiste mais là, on atteint quand même des sommets !
Alors non, le bonheur ne s'indexe pas du tout sur le pouvoir d'achat. Avoir de quoi vivre, évidemment. Manger, s'habiller décemment, se loger, se chauffer. Mais ça ne tient pas qu'à la (sur) consommation. A la frénésie d'acheter qui nous laisse toujours insatisfaits. Il y a bien des petits plaisirs qui ne coûtent rien et font autant de bien à l'âme, sinon plus.
Et si, pour changer, les médias nous parlaient des choses heureuses de ce monde ?
mardi 25 novembre 2008
'Cause I do like snow...
Dans un mois, c'est Noël. Dans un mois et un jour, je m'éclipse respirer ailleurs, me rapprocher de mes montagnes et, je l'espère, renifler d'un peu plus près une bonne couche de neige. Peut-être même qu'avec un peu de chance, il y en aura là où je vais (enfin ça, "chance", ça dépend du point de vue où l'on se place, tout le monde ne sera pas forcément du même avis... hi hi !).
En attendant, je me remplis les yeux et l'âme de ce genre de chose :

Ça, c'est en Haute Savoie.
Et la suivante, c'est dans la Margeride, près du Mont Mouchet, précisément là où il y a 250 ans une terrible bestiole pas vraiment identifiée, "la Beste qui mangeait le Monde" ou encore "la Bête du Gévaudan" a dévoré plusieurs dizaines de petits bergers et de petites bergères pendant plus de cinq ans.
lundi 24 novembre 2008
Sleeping Sun
De Nigthwish (Wishmaster)
dimanche 23 novembre 2008
Opposition
La politique n'a jamais été ma passion. Comme tout le monde, je m'y intéresse à travers les élections. Et puis, parce que les politiques nous gouvernent, j'écoute un peu ce qu'ils racontent. Souvent pour secouer la tête avec affliction car, manifestement, ces gens-là sont si haut dans l'échelle sociale qu'ils n'ont pas la moindre idée de la vie de ceux qui sont tout en bas. Ou bien parce qu'ils s'en foutent du moment où la plèbe ne met pas en péril leur compte en banque et leur train de vie.
Sarko, je n'ai jamais été fan. Pas voté pour lui non plus, bien que j'aie longuement hésité. Hyperactif plus qu'énergique, trop dispersé et trop enclin à se précipiter sans avoir mûrement réfléchi. Comme toutes ces promesses qu'il a faites pendant sa campagne et qu'il ne tiendra pas (mais ses prédécesseurs, quelles que soient leurs orientations politiques, n'ont pas fait mieux). Après tout, les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent.
Royal, je ne peux pas l'encadrer. Sa voix de poissonnière à l'étalage m'insupporte au plus haut point. Son attitude de bourge messianique me hérisse profondément. Et certains propos qu'elle a tenu pendant et après la campagne présidentielle m'ont définitivement convaincue de ne jamais lui accorder le moindre crédit. De plus, maintenant, les partisans de Royal se font appeler les "royalistes" par les médias... alors non !
Aubry, pas davantage. Mon père ne lui pardonnera jamais, je crois, d'avoir imposé les 35 heures sans se préoccuper de savoir si les entreprises allaient pouvoir le supporter, ni de comprendre que tout ne se rangeait pas dans des petites cases arithmétiques parfaitement agencées et que certains corps de métier ne pourraient jamais appliquer cette loi. La seule qualité d'Aubry, à mes yeux, c'est son père, lequel a eu, en plus du reste, la suprême intelligence de se ranger des voitures quand il a compris dans quel merdier il allait foutre les pieds.
Ne parlons pas des extrêmes que j'exècre, que ce soit à un bout ou à un autre, et Besancenot autant que le dogue vieillissant qui gouverne le FN.
Bayrou ? Bof. J'ai eu l'occasion de le voir de près. Tout ce petit monde de tribuns dythyrambiques se précipite chaque année pour répandre sa Bonne Parole lors des Rendez-Vous de l'Histoire, à Blois. Bayrou de près, eh bien, y a un petit quelque chose d'indéfinissable qui ne me le fait pas.
Ce que je constate, au bout du compte, c'est que nous avons un président qui a la culture des montres suisses (mais pas leur régularité) et deux mégères qui se déchirent l'opposition à grands coups de griffe et de piques acerbes. Et ces gens-là prétendent savoir comment diriger un pays. Comment résoudre les problèmes du plus grand nombre. Comment faire briller notre petit pays au rang des grandes nations. En vérité, ils nous donnent de si piètres exemples d'humanité que notre situation n'est pas prête de s'arranger.
J'ai pris une décision aux dernières municipales et désormais, je m'y tiendrai. A l'avenir, je ne donnerai ma voix qu'à des candidats que je connaîtrai réellement. CQFD.
mercredi 19 novembre 2008
L'Atlante en son royaume...
... à 7 ans trois quarts. Hi hi ! Ne me demandez pas le nom du barbu, je ne m'en souviens vraiment plus !
Marmotte73 reconnaîtra la montagne derrière...
Agriculture
J'ai déjà eu l'occasion de dire que je viens de la terre (mon grand-père était agriculteur) et que j'en suis fière. Après tout, c'est grâce à la sueur de tous ceux qui se sont tués sur leurs sillons qu'ont pu vivre tous les autres, en particulier ceux qui claquaient les impôts extorqués au pauvre peuple en vanités versaillaises. Enfin, passons.
Aujourd'hui, faisant un saut dans un centre commercial pour acheter une bricole, je me suis retrouvée au milieu d'un blocus érigé par les producteurs de lait. Ils avaient même bâti des barricades avec... des trains de caddies ! Autre époque, autre matériel...
Un tout jeune homme, fort aimable au demeurant, m'a remis un tract dont voici la teneur :
QUI SE FAIT DU BEURRE SUR NOTRE DOS ?
Ça suffit !
Nous voulons partager la valeur ajoutée
avec les industriels et les grandes surfaces.
Nous voulons un prix du lait équitable pour vivre de notre métier !
Derrière les fromages, les yaourts, les bouteilles de lait, le beurre et la crème que vous achetez en rayon, il y a 90 000 fermes laitières réparties dans toutes les régions de France. Des hommes et des femmes qui traient en moyenne 35 vaches deux fois par jour et 365 jours par an.
Ce métier, nous l'aimons et nous sommes fiers de fournir un lait de qualité qui permet de fabriquer autant de bons produits.
Nous avons besoin de votre soutien :
www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com
Un graphique accompagnait cette intéressante prose, montrant clairement que chaque extrême de la filière, c'est-à-dire les producteurs à la base et nous, les consommateurs, à l'autre bout de la chaîne se font royalement arnaquer par les intermédiaires et les grandes surfaces. Les uns parce que le cours du lait est constamment revu à la baisse. Les autres, parce qu'ils paient cet aliment de base au prix fort.
Peut-être serait-il grand temps de repenser l'agriculture autrement...
jeudi 13 novembre 2008
Le paradis est au Mont-Cenis
Je vous jure que c'est vrai ! Vous êtes déjà passés là-haut ? Moi oui, mais en été seulement. Ma sœur a d'ailleurs failli rester sur le versant italien de la montagne, cette écervelée n'ayant pas jugé utile de se munir de ses papiers d'identité au lendemain de l'attentat de l'avenue de Friedland.
Le Mont-Cenis en été ressemble à un autre monde. Un monde sans guerre, sans OGM, sans Mac Do', sans fourmilières humaines, sans... tout ce qui nous pourrit la vie au quotidien ! En hiver, c'est... fantasmagorique ? Un vrai paradis minéral, en tout cas.
La photo est du très talentueux Marmotte73 dont les galeries me font rêver chaque semaine...
Correction apportée par Marmotte73 : la photo n'est pas de lui mais de la Marmotte KiDor.
lundi 10 novembre 2008
Les bébés profitent...
Souvenez-vous, Thibault, c'était lui :

C'était un bien petit bébé (2.3 kg), venu au monde avec plus d'un mois d'avance. Cinq mois et demi plus tard, voici ce qu'est devenu Super Thibault...


Comment ça, il a bien mangé à la cantine ?
Et pendant ce temps-là, Tonton Sylvain était très actif :

Un avenir ?
Hélène me taxe de pessimisme... Ce n'est pourtant pas dans ma nature. Disons que je suis... lucide, tant sur les chiffres bruts que sur leurs conséquences inéluctables et les solutions envisageables. En l'absence de solution morale... Nous ne sommes pas non plus faits pour vivre les uns sur les autres.
Nous avons entendu parler, ces derniers temps, de la crise financière, puis, à présent, de la crise économique. De jolis mots bien abstraits qui font naître une inquiétude sourde et insidieuse. Et la crise humaine, qui en parle ? Car elle a déjà commencé. Et elle est bien plus grave. Al Gore nous a jeté en pâture il y a deux ou trois ans un film intitulé Une Vérité qui Dérange. Comme dit une de mes cousines, "après ça, on ne peut plus dire qu'on ne sait pas". Certes. On sait. Les désastres écologiques, les menaces qui pèsent sur le climat, les pôles, la planète toute entière. Les populations qu'un réchauffement climatique mettrait en péril. Mais même ça, ça ne nous touche pas, nous, ça reste en dehors de nous, de nos petites personnes.
Un autre film vient de sortir (le 5 novembre) qui s'intitule : Nos enfants nous accuseront. Cette fois, il ne s'agit ni climat, ni de calotte polaire, ni de glaciers, ni des fleurs et des petits oiseaux. Il s'agit de nous. La bande-annonce : ici. Et si ça existe en France, ça existe, non seulement dans tous les pays industrialisés, mais aussi à plus forte raison dans les pays en voie de développement et les pays pauvres où les malades n'ont pas accès aux services de soin et aux traitements adaptés. Les organisations humanitaires dénoncent de longue date le scandale du sida en Afrique (d'autant plus scandaleux, en effet, que cette maladie moderne a toutes les chances d'avoir été fabriquée en laboratoire), mais il est bien d'autres maux dont on ne dit rien. Un doute ? Les OGM, par exemple, si décriés sous nos latitudes. Bien des dirigeants africains et autres ne s'encombreront de telles questions d'éthique tant la question se résout à sa plus simple expression : ou laisser le peuple mourir de faim, ou le nourrir de céréales (et autres produits) génétiquement modifiés avec sans doute des conséquences à long terme, mais d'ici là !....
Enfin, plus tangible encore, le scandale des produits alimentaires chinois, ces derniers temps, contenant des substances dangereuses, voire mortelles : lait pour bébé, bonbons, confiseries, etc. La Chine a ses raisons que la raison ignore et la plus grande est que si, sur ses trois milliards de ressortissants, quelques uns succombent à ses expériences chimico-alimentaires, ça fera partie des pertes acceptables. Là-bas, les Droits de l'Homme, ce n'est pas pour demain. Là où le bat blesse, c'est qu'apparemment, les Chinois ne verraient aucun inconvénient à nous faire participer nous aussi à l'expérience en question.
Mais point n'est besoin de partir si loin, comme le montre le film ci-dessus évoqué, pour comprendre que la crise humaine a déjà commencé depuis... quoi !... quinze, vingt, trente ans, peut-être ! "Ne remplaçons pas nos paysans par des produits chimiques".
Plus simple encore. Regardons les abeilles. Elles sont le symbole de notre survie. Car le jour où les abeilles disparaîtront, nous n'aurons plus que trois ans à vivre.






