mardi 30 juin 2009
L'Atlante en surchauffe
Et c'est peu de le dire !
29°c hier dans mon bureau, 32° aujourd'hui... J'ai l'impression de cuire à l'étouffée et je nourris brusquement un grand élan de compassion pour les homards, langoustes et autres tourteaux.... Qui a dit "miam !" ?
vendredi 26 juin 2009
King of Pop
J'ai appris la nouvelle ce matin en mettant le contact dans ma voiture : celui qui s'intitulait (un peu pompeusement) "The King of Pop" n'est plus. Âgé de cinquante ans, il a succombé hier à une crise cardiaque.
Évidemment, les réactions pleuvent de partout, même celles du plus mauvais goût. Pour ma part, sans être fan, j'appréciais ses albums des années 80 et du début des années 90. Thriller, Billie Jean, Bad... autant de chansons immortelles. Sans parler du moonwalk, ce fameux pas lunaire. L'homme était plus dérangeant, très ambivalent, un peu malsain. Mais comment aurait-il pu en être autrement d'un être plongé dans les affres du star-system à l'âge d'à peine cinq ans ? Il est déjà si difficile pour un adulte d'en sortir intact... L'argent, la gloire, les ors et les paillettes aliènent les âmes fragiles et ne rendent pas libre, loin s'en faut. C'est d'ailleurs un peu pour ça que je vois d'un assez mauvais oeil les parents qui poussent leur progéniture vers les médias sans se soucier une seconde de la préserver de leurs conséquences.
Mon parrain m'avait dit, il y a longtemps : "il finira comme Howard Hugues". Il n'avait pas tort. MJJ a seulement vécu moins vieux. En même temps, je n'ose pas imaginer l'allure qu'il aurait eue à 70 ou 80 ans...
Les fans pleurent. Les générations qui ont grandi au son de ses plus grands tubes saluent l'artiste, sa musique, son audace, son influence énorme sur toute la pop mondiale. Un journaliste a fait remarquer qu'il avait réussi dans la musique ce qu'Oprah Winfrey avait réussi à la télévision américaine et Barack Obama à la politique américaine, tout en soulignant que ces deux-là lui devaient beaucoup. Ce qui n'est pas faux. Il a été le premier chanteur noir à avoir égalé dans la musique bien des Blancs. Madonna n'arrête pas de pleurer. C'est dire (je dirais un peu méchamment qu'elle a l'émotivité d'une cuiller à café).
Enfin, une autre frange bien moins complaisante crache déjà sur l'homme, dénonçant sa folie, ses phobies, son train de vie dispendieux, les scandales dont il a été l'objet... Mais encore une fois, comment aurait-il pu en être autrement ? Fou, probablement. Encore est-ce un terme bien vague qui englobe tant d'autres "folies" qu'il ne veut finalement rien dire. Les phobies aussi : maniaque, mégalo, paranoïaque, hypocondriaque...Les dettes, sans nul doute : il dépensait bien plus que ce qu'il gagnait en "folies" (tout au moins à nos yeux de gagne-misère). La mégalomanie, sans doute : je me souviens d'un concert, au Mexique peut-être, où il se prenait clairement pour Jésus sauveur du monde Quant aux scandales...saura-t-on jamais la vérité ! Car les familles impliquées (qui se comptent sur la moitié des doigts d'une main, tout de même) m'ont toujours paru surtout soucieuses de lui extorquer des sommes colossales. Ces "affaires" ont en tout cas éclipsé une autre réalité beaucoup moins médiatique parce que moins croustillante : les milliers d'enfants que MJJ a sauvé de la mort en soutenant des orphelinats au Tiers-Monde, des hôpitaux, des unités pédiatriques, etc. Tout cela, en tout cas, n'entache en rien la qualité de l'artiste.
Ceux qui ne l'appréciaient pas auront la décence de ne rien dire. On ne crache pas sur la mémoire d'un homme qui n'a tué personne, ni commis de crimes abominables.
27/06/2009 :
Trouvé aujourd'hui (c'est en anglais, je vous préviens) ceci à propos de Jordy Chandler. Ou quand les mensonges finissent par détruire toute la vie d'un homme...
mardi 23 juin 2009
Pirouettes
L'info est tombée en milieu de journée, comme on dit : Frédéric Mitterrand à la Culture. J'avoue qu'un petit rire enjoué m'a échappé. J'aime beaucoup Frédéric Mitterrand qui, sur le plan culturel, est largement à la hauteur de la tâche et n'a plus rien à prouver quant à ses infinies références dans multitude de domaines artistiques, notamment le cinéma. Je ne connais pas du tout ses idées politiques mais j'imagine qu'il est plutôt à gauche, et à vrai dire je m'en fiche. Avec lui, on aura la classe et la qualité, sans le côté démago et bobo d'un certain Jack de sinistre mémoire blésoise (sinistre, parce qu'il a surtout réussi à bien endetter la ville et qu'il a fini par rebuter même son électorat). Mais alors je me suis dit que le vieux François devait s'en retourner dans son tombeau ! Quoiqu'il n'ait jamais été à un revirement près...
Enfin, j'ai souri en entendant ce soir une interview du futur ministre sur France Info, harcelé de questions pièges par les journalistes qui ont fini par lui poser la question à peine prévisible : "Mais qu'est-ce que ça fait d'être un homme de gauche dans le gouvernement de Sarkozy ?". Ce à quoi, le p'tit Fred a répondu : "à peu près la même chose que d'être Sarkozy ministre pendant la présidence de François Mitterrand". Malin, très malin...
Pour fini, en ce qui concerne la fiabilité des infos que véhiculent les médias... Que penser, justement, de ces médias capables de confondre la bande-annonce de Lost Portés Disparus avec des images véritables du vol AF 447 ? Quand je pense combien les concours d'entrée dans les écoles de journalisme sont difficiles... ça laisse songeur...
dimanche 21 juin 2009
Wrong
samedi 20 juin 2009
Les surprises du passé
Comme je l'ai déjà dit, je suis une mordue des vieilleries, vieux papiers, histoire (surtout locale), recherches familiales... D'ailleurs, comme si je n'en avais pas assez pour ce qui me concerne, je me mets depuis plusieurs années à faire les recherches des autres (enfin, les gens que j'aime bien, parce que sinon...). Les familles recèlent ainsi souvent des surprises inattendues (je ne parle pas des "secrets de famille", ça, c'est autre chsoe). Car si l'on sait à peu près comment se profile le panorama familial, ses assises, ses activités, ses aléas, sur les quatre dernières générations, il est bien impossible de seulement subodorer ce qu'il en était il y a 150 ou 200 ans, voire encore plus loin dans le temps. C'est ainsi qu'à la base, je savais les miens issus du Loir-et-Cher, d'Indre-et-Loire et de la Sarthe, et qu'au final, je me retrouve avec des gens issus d'une bonne quinzaine de départements. Encore suis-je fort marrie de n'avoir aucune ascendance étrangère, j'aurais adoré fouiner dans les archives d'un pays germanique, par exemple. On se fait volontiers du passé l'image d'un peuple pétrifié par l'absence de moyens de transport "rapides" tels que nous les connaissons. Ce qui est complètement faux. Les gens marchaient, bien plus que nous, et vingt kilomètres n'effrayaient personne. Certains entreprenaient des pélerinages très loin, Saint-Jacques-de-Compostelle par exemple, à pied toujours. Cela leur prenait un an ou deux, mais ils le faisaient. La relation au temps était différente, fondée sur le long terme et une certaine monotonie, pas sur l'immédiateté. Je me retrouve ainsi avec des scieurs de long venus du Forez, des terrassiers de l'Allier et de la Haute-Loire, des notables du Puy-de-Dôme, un autre terrassier venu du Gers... et bien d'autres encore issus de divers départements comme l'Orne, l'Eure, la Marne, le Maine-et-Loire, tous les départements de la région Centre (le Cher excepté) et... Paris.
Oui, Paris, par trois fois. Un pauvre enfant de l'Assistance Publique, pour commencer, dont le patronyme tellement courant m'ôte tout espoir de retrouver quoi que ce soit sur ses origines. Puis un soldat, dont la fille, probablement dans la domesticité d'une grande dame, s'est alliée avec une famille du Val de Cisse. Tout ceux-là, comme 99 % des Parisiens, sont très certainement de purs produits d'importation.
Tel n'est pas le cas de la troisième famille dénichée par le plus grand des hasards. J'ai à mon actif de nombreuses familles beauceronnes, certaines constituées de laboureurs plutôt fortunés. Pour exemple, un "cousin" (de très loin) a un jour mis la main sur la succession d'un ancêtre commun et le montant des biens qu'il laissait à ses descendants. Alors que pour les autres familles, cela s'échelonnait entre 50 et 500 livres tournois, exceptionnellement 1000 dans de rares cas, pour lui, le montant total atteignait... 32 000 livres ! D'où le commentaire désabusé qui s'ensuivit : "il ne nous en a pas laissé grand-chose..."
C'est en explorant ces familles que par hasard je suis tombée sur un patronyme insolite, RANVAIL, et une lignée d'ancêtres appartenant à la noblesse de robe (ce qui signifie qu'ils ont acheté leur charge), conseillers au Parlement de Paris et au Châtelet. Apparemment proches de la famille DE FORTIA assez connue ici (le premier de mes RANVAIL en étant le secrétaire particulier), ils avaient acheté un fief à proximité du bourg de Selommes et se sont ensuite fondus à la population locale. Je dois avouer qu'à moi toute seule, je n'aurais jamais avancé beaucoup plus. Les archives parisiennes sont un véritable serpent de mer et d'autant plus complexes que quasiment tous les registres paroissiaux et d'état civil ont brûlé pendant les incendies de la Commune en 1871 : 8 millions d'actes partis en fumée. Les reconstitutions ne représentent qu'un quart de ce qui a disparu. Je dois à la ténacité d'un ami et de la vice-présidente de mon Cercle d'avoir pu retrouver des éléments tangibles.
Mes RANVAIL habitaient le Ve arrondissement, rue Neuve-Saint-Médard (où il ne reste strictement rien d'ancien). Le peu que j'ai appris les concernant est qu'ils n'étaient pas parisiens et sortaient de Rioms dans le Puy-de-Dôme. En revanche, la femme du plus ancien, une certaine Barbe POIREAU, est, elle, issu d'une vieille famille du quartier St Michel, tous "bourgeois de Paris" et artisans (des maîtres vitriers, pour le moment). Grâce aux collections des Archives Nationales en ligne sur Gallica, j'ai pu retrouver ces derniers jours pas mal de nouvelles choses qui m'emmènent dans le dernier quart du XVIe siècle. J'ai également des éléments plus anciens que, pour le moment, je n'arrive pas à relie mais qui, selon toute vraisemblance, sont apparentés (architectes maçons, maître teinturier, maître chandelier de suif, etc.), notamment un Jean POIREAU qui, vers 1475, travaillait aux fortifications de la ville de Paris. Et, cerise sur le gâteau, j'ai mis la main sur la généalogie de la femme de l'un de ses descendants, une famille PETIT, qui apparaît dès 1415 à St Germain des Prés et vient s'installer dans le susdit quartier St Michel où ils occupent les rues qu'on retrouve dans les actes un siècle et demi plus tard : rue St Jacques, rue des Mathurins, rue de la Harpe, rue de la Barillerie et pont St Michel...
Ce qui me change radicalement de la longue cohorte de mes ancêtres paysans... Ainsi suis-je finalement plus parisienne que bien des Parisiens eux-mêmes...
mercredi 17 juin 2009
Profil
Il y a quelques temps, j'ai craqué et ouvert une page Facebook. Bon, je le dis tout de suite, pour tout ceux qui tomberont par hasard dessus, il n'y a rien de croustillant à ramasser, et la plupart de mes "amis" sont les petits jeunes dont j'ai eu à m'occuper il y a quelques années, quand ils étaient enfants, à la danse et au chant. D'ailleurs, Facebook est, à mon sens, surtout un truc d'ado et je n'accroche pas particulièrement.
Néanmoins, cela m'a permet de "renouer" (si l'on peut dire) le contact avec l'Américaine que nous avions eu en échange pendant un mois en 96. Elle était à l'époque lycéenne à Philadelphie et fille d'avocats. A présent, elle vit à Boston et elle est elle-même avocate. Ou attorney, ou je ne sais quoi dans ce style, j'ai un peu de mal avec les nuances du droit aux US.
Par ailleurs, il y a quelques jours, je recherchais ma meilleure amie de lycée que je n'ai pas vu depuis des années... et, à défaut, je suis tombée sur sa fille ! Bah oui, le tout petit bébé que je suis allée voir à la maternité a maintenant 14 ans... C'est là qu'on se rend compte combien le temps défile à toute vitesse. La dernière fois que j'ai vu cette grignette, elle avait deux ans et demi... Pfioouuu ! Discussion un peu gênée, évidemment... mais elle a quand même trouvé le temps de me dire que ses petits frères (10 ans et 6 ans et demi) l'enquiquinaient au plus haut point. Je compatis, mon propre frère, petit, était d'un genre extrêmement pénible... et je n'exagère rien.
Dans un autre style, mon ex collègue (oui, elle a pris sa retraite à la fin du mois de septembre 2008) a elle-même ouvert une page Facebook et a demandé l'autorisation de figurer dans mes "amis". Alors elle, elle peut courir ! J'ai fait un jour l'erreur de lui donner mon MSN, elle n'arrêtait pas de me répéter tout ce que je marquais dessus ("Alors à telle heure tu étais en "partie manger", à telle heure, c'était ci, à telle heure, c'était ça, et tel jour, tu as marqué ci ou ça"). Quand j'ai vu ça, je l'ai bloquée direct et, depuis, elle est "exit". J'ai horreur de me sentir épiée et encore plus qu'on vienne me commenter tout ce que je fais. Amie, elle ? Sûrement pas !
Botox
Le Botox ne donne pas l'air plus jeune. Il donne seulement l'air botoxé.
samedi 13 juin 2009
Nuage

lundi 8 juin 2009
Faits divers et réactions
La liberté d'expression, en ce pays, est un droit sacré entre tous. Malheureusement, comme tous les droits, en user à outrance et n'importe comment conduit le plus souvent à un dialogue de sourds, voire à une absence totale de dialogue, ce qui est un comble. Les forums sans modération sérieuse ou les commentaires postés sur les sites des grands journaux nationaux (ou autres) en sont le triste exemple. Chacun y va de son petit refrain, voire de ses insultes, et l'ensemble est parfaitement imbuvable, d'autant plus qu'exprimé, pour une certaine partie, dans un français incompréhensible (pas de ponctuation, une orthographe inexistante, voire du langage SMS...). Sans parler des théories fumeuses en tout genre.
Exemple : le crash récent de l'Airbus A330 d'Air France en plein milieu de l'Atlantique. Non, ma bonne dame, ce n'est pas possible que ça arrive comme ça, "on ne nous dit rien, on nous cache tout". Comme s'il était absolument impossible que les entreprises humaines soient mises à mal par des défaillances techniques, des erreurs humaines ou par la nature elle-même. C'est forcément un attentat (de qui ? tiens, allons casser la gueule aux Iraniens, ça occupera les esprits et ça relancera l'économie !) ou un missile américain (dans quel but ? sont forts, ces Américains, quand même, pour dégommer depuis les US un Airbus égaré en plein milieu d'une énorme dépression tropicale !).
Pendant trois jours, je me suis amusée à guetter, dans cette cohorte d'hypothèses fantaisistes, l'apparition des OVNIS. C'est désormais chose accomplie depuis vendredi. Parmi les théories les plus loufoques, encore : une météorite (bing ! juste au moment où l'avion passait, c'est pas de bol, quand même !), l'avion non pas crashé en plein océan mais prisonnier de la magnétosphère (les vents d'un énorme cumulo-nimbus sont extrêmement violents, mais tout de même...) ou, pire encore, le Triangle des Bermudes (qui, on ne sait pourquoi, se situe désormais entre le Brésil et le Cap Vert, c'est nouveau, ça vient de sortir). Donc, pour parler vulgairement, les tréfonds de la connerie humaine (des gens qui n'y connaissent strictement rien ni en aéronautique, ni en météorologie et encore moins en géographie, mais qui ont tout de même une opinion bien arrêtée sur ces domaines). Le mieux à faire est de les ignorer, évidemment, mais les jours passant, ça finit par énerver sérieusement.
Alors l'attentat ? Possible, mais très peu probable. Outre l'absence de revendication, une bombe a le désastreux effet de foutre le feu aux réserves de kérosène et, par conséquent, de consumer un maximum de choses. Or, les débris retrouvés ne portent pas la moindre trace d'incendie et il y a des nappes de kérosène à la surface de l'océan (ces taches oranges, très caractéristiques de certains hydrocarbures, que certains naïfs ont prises pour des taches de sang). Si le kérosène flotte ainsi, c'est qu'il n'a pas brûlé.
Un missile égaré ? Encore plus improbable. Pour les mêmes raisons, d'ailleurs. Et puis, je ne vois pas un essai de missile dans une tempête tropicale.
Restent la série des messages automatiques. J'ai trouvé ce matin un exposé des faits bruts, assortis des explications techniques qui s'imposaient pour les néophytes.
2h00 GMT : le commandant de bord indique qu'il entre dans le Pot au Noir où il y a de fortes turbulences. Jusque là, tout va bien, sinon qu'il va affronter des conditions météo difficiles.
2h10 GMPT : l'avion passe en pilotage manuel. Il s'avère après coup que les capteurs de vitesse ont eu un problème (défaillance ? gel ?) et donnaient des mesures incohérentes. Lorsque c'est le cas, le pilotage automatique fonctionne mal et risque de mettre le vol en danger. Par conséquent, le pilote passe en pilotage manuel pour maintenir son appareil. Rien de dramatique en soi sauf que simultanément, d'autres messages automatiques annoncent une anomalie des commandes de vol, puis une panne des systèmes chargés de la stabilité de l'appareil. Les écrans de contrôle du commandant et de son copilote tombent deux fois en panne coup sur coup. Le contrôle de la poussée des réacteurs ne fonctionne plus non plus. Les pilotes doivent contrôler manuellement la puissance des moteurs. A ce moment-là, ça sent déjà le roussi et les pilotes doivent sérieusement transpirer. Néanmoins, même si elle est difficile, la situation resterait gérable si les conditions météo n'étaient pas aussi désastreuses et... s'il ne faisait pas nuit ! Peut-être même auraient-il malgré tout réussi à s'en sortir si d'autres dysfonctionnements ne s'étaient pas produits.
2h11 GMT : deux systèmes crucieux de l'appareil ne répondent plus : celui qui permet de déterminer la position et la vitesse de l'avion, l'autre qui indique l'altitude, l'assiette et l'inclinaison de l'appareil. En plein jour, le pilote pourrait naviguer "à vue". En pleine nuit et dans les nuages, la situation devient critique.
2h14 GMT : "cabine en vitesse verticale" : la cabine a subi une dépressurisation brutale. Dans de cas-là, les pilotes doivent atterrir au plus vite. Par "cabine", il faut comprendre cockpit. Une dépressurisation à 11 000 mètres d'altitude (altitude où volent les avions de ligne) plonge n'importe quel être humain dans un coma immédiat : très peu d'oxygène et froid intense (- 50°C environ). On peut comprendre, dans ces conditions, que les pilotes n'aient pu faire atterrir leur oiseau... d'autant qu'ils se trouaient à 1000 km des côtes...
Alors qu'est-il arrivé aux capteurs de vitesse ? Ont-ils gelé ? Sont-ils tombés en panne ? Ont-ils été touchés et endommagés par un ou plusieurs coups de foudre ? C'est ce qui reste à déterminer. En tout état de cause, si une panne des capteurs (les fameux capteurs PITOT) se produit au moment où l'avion traverse une zone très humide, très dépressionnante et très turbulente, ils n'indiquent plus la vitesse exacte et dans ce cas, l'appareil est soit réduit à une sous-vitesse qui peut entraîner un décrochage, soit poussé à une survitesse qui peut entraîner une déchirure de l'avion. Par ailleurs, il faut savoir que les cumulo-nimbus, ces énormes nuages, peuvent atteindre 10 à 15 kilomètres de hauteur et sont, non seulement traversés, mais aussi précédés de vents violents et contraires qui peuvent "cisailler" un appareil comme une vulgaire coquille de noix. Normalement, un avion de ligne est capable de se mesurer à ces vents terribles, mais en pleine nuit, avec une série de panne, la vulnérabilité est là. Rappelons au passage que les débris récupérés par l'armée brésilienne se trouvaient à 30 km du point où le contact avec l'Airbus avait été perdu, ce qui indiquerait qu'effectivement, les vents ont déporté l'avion... à moins que les courants marins n'aient déplacé les débris.
Enfin, un avion reliant Rio à Madrid a décollé sept minutes après l'Airbus d'Air France, en suivant le même couloir aérien. Le pilote a perdu le contact avec son prédécesseur au même moment que les tours de contrôle de Rio et de Paris. Et lui a effectué un crochet de 56 km pour contourner la zone la plus active de la dépression du "Pot au Noir".
Conclusion : les circonstances exactes de l'accident restent floues mais les différents éléments recueillis semblent indiquer une succession de pannes techniques qui, liées à une météo exécrables, ont provoqué ce drame. En tout état de cause, la tragédie s'est produite en quatre minutes. Il est probable que les passagers ne se soient rendus compte de rien. En revanche, l'équipage et, en particulier, les pilotes ont dû vivre des moments très difficiles.
Note personnelle : parmi les passagers se trouvaient dix employés de la CGED, dont neuf accompagnés de leurs épouses, tous âgés de 20 à 35 ans, qui avaient gagné ce voyage en raison de leurs bons résultats de vente. La CGED, qui est une entreprise d'équipements électriques, est l'un des fournisseurs de mon père. Parmi ces gens, il y avait apparemment des membres de l'agence de Blois. Ces gens, tous assez jeunes, laissent des enfants très jeunes. Il y a deux ans, en raison de ses bons chiffres de vente de chaudières, mon père a gagné le même type de voyage par l'intermédiaire d'un autre fournisseur, à l'Ile Maurice où il est allé avec ma mère. Eh bien, ce genre de faits divers, ça fait cogiter... même si les accidents d'avion sont rares.
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Commentaire éclairé d'un internaute sur le site du Figaro :
Accident DC9 du 10/10/97 dû au givrage tube(s) Pitot
D'après l'enquête menée par la Fuerza Aérea Argentina et la Fuerza Aérea Uruguaya (es), le tube de Pitot (principal instrument permettant la mesure de la vitesse de l'appareil) a été pris dans le givre alors que l'avion traversait un nuage, bloquant l'instrument et donnant une fausse indication de vitesse (plus faible que la vitesse réelle de l'appareil). Pour aggraver la situation, l'alarme destinée à rapporter un problème de l'instrument ne s'est pas déclenchée. Pensant que l'appareil volait à une vitesse dangereusement faible, les pilotes ont augmenté la puissance des réacteurs. Cela entraina le dépassement de la vitesse maximale en croisière, et en particulier le dépassement de la vitesse maximale permettant le déploiement des volets hypersustentateurs. La force du flux d'air à cette vitesse endommagea les volets, entrainant l'impossibilité de contrôler l'avion, qui plongea du nez. Pendant la descente, la boite noire enregistra un passage de 300 à 800 km/h en trois secondes, ce qui pourrait être lié à un dégivrage du tube de pitot. Les spécialistes ont calculé que l'avion s'est écrasé verticalement à la vitesse de 1 200 km/h, laissant un cratère d'impact de 70 mètres de diamètre et de 10 mètres de profondeur.
vendredi 5 juin 2009
Le vol AF 447 n'est pas perdu pour tout le monde...
Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 mai
2009, à 4 heures du matin, le vol AF 447 disparaissait des écrans de
contrôle entre Rio de Janeiro et Paris. A peine quelques heures plus
tard, avant même que l'avion ne soit déclaré définitivement perdu, au
moment où le monde entier découvrait l'ampleur d'une catastrophe qui
allait endeuiller 228 familles, un domainer enregistrait le nom de
domaine AF447.fr dans le but de le revendre...
Le jour même,
un domainer polonais déposait le nom de domaine AF447.pl et, pour faire
bonne mesure AF447.eu, sans doute dans un sentiment européen louable en
cette période d'élection... Histoire d'éviter tout malentendu, au cas
où un proche des 228 victimes chercherait fébrilement sur Internet des
informations sur la catastrophe, le nom de domaine FLIGHT-AF447.com
était déposé et proposait une vidéo YouTube montrant des crashs
d'avions, dont l'un d'Air France...
Le métier de domainer
est relativement simple. Il consiste à miser sur des noms de domaine
comme d'autres parient sur les chevaux du tiercé. Ceux qui arrivent en
tête de la course au trafic sur Internet raflent la mise. Si le
canasson est un crack, voire un crash, on peut même le revendre fort
cher. Bien sûr les bons noms de domaine sont de plus en plus rares, et
quand, "miraculeusement", l'assemblage improbable de deux lettres et
trois chiffres anodins deviennent les cinq lettres du mot drame, tous
les espoirs sont permis...
Encore faut-il se lever tôt, un
peu comme dans d'autres métiers. Les "bons noms de domaine" étant déjà
déposés, le lendemain de la catastrophe cette fois, le nom de domaine
AIRFRANCELAWSUIT.com (plainte contre Air France) était enregistré et
proposé aux enchères sur eBay par sa propriétaire, une américaine
vivant actuellement au Koweït. Interviewée par le magazine américain
Wired, cette domaineuse s'adonne depuis quatre ans à un petit commerce
d'achat et de vente de noms de domaine qui lui permet de gagner de
l'argent "tout en restant chez moi pour m'occuper de mes enfants,"
a-t-elle expliqué.
Elle dit avoir réservé le nom parce
qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser aux proches des victimes du vol
AF 447. Et sur sa page eBay d'affirmer : "J'espère voir des avocats
utiliser ce nom pour créer un site afin de permettre aux 228 familles
concernées de communiquer et d'obtenir ce qu'elles sont en droit de
demander pour avoir à supporter un tel chagrin. Les avions sont à la
pointe de la technologie et les contrôleurs aériens savent où ils se
trouvent à tout instant. Dans ce cas précis, la communication avec
l'avion n'aurait pas du être coupée et les familles des victimes
auraient du savoir immédiatement ce qui est arrivé à leurs proches."
Bien
entendu, tout cela se passe de commentaires et donne un peu la nausée.
A chaque grande catastrophe - tsunami, crash, tremblement de terre -
des noms de domaine sont enregistrés dans le seul but macabre d'en
profiter. Et à chaque fois, les propriétaires de ces noms se drapent
d'un altruisme touchant et clament leur volonté d'aider les victimes...
A travers ces exemples, loin de moi l'idée de considérer que
les domainers sont l'opprobre des noms de domaine. Certains sont même
d'authentiques passionnés, amusés par les mots et ce que l'on peut en
faire sur Internet. Il en est d'ailleurs un qui, le 30 septembre 2007,
soit presque deux ans avant l'accident, a enregistré le nom
de domaine FLIGHT447.com ! La nationalité de son propriétaire étant
iranienne, il n'en fallut pas plus pour que se répande et enfle sur
Internet la rumeur d'un acte terroriste.
Rien de cela pour ce
producteur de film qui s'adonne parallèlement à une petite activité
secondaire d'enregistrement de noms. "J'en ai environ 500 a-t-il
expliqué, dont plusieurs liés à des numéros de vols. Je m'étais écrit
un petit programme pour enregistrer tous les noms de ce type avec le
mot "flight" devant les numéros de "1" à "1000". C'est une pure
coïncidence et je la regrette vraiment." Une simple question de
probabilité en quelque sorte. Un peu comme les catastrophes.





